• Les origines du conflit :
Au début du siècle, les « campesinos »(paysans mexicains) n'étaient encore que des esclaves qui travaillaient pour le propriétaire de l'exploitation et recevant à peine de quoi manger. Lassé de ces conditions de vie, le peuple de la terre se souleva en 1917 sous l'impulsion d'Emiliano Zapata et de Pancho Vila. La revendication était très simple : terre et liberté. Ce soulèvement déboucha sur une réforme agraire qui avait pour but de démanteler les grands latifundistes pour redistribuer la terre aux paysans sans terre. Si la réforme apparaissait une bonne solution pour l'amélioration de la vie des paysans celle-ci ne sera jamais appliquée, excepté sous le gouvernement de Cardenas en 1935. Lorsqu'elle fut mise en place dans les années 1935, cette réforme montra qu'elle était adéquate pour résoudre les problèmes combattus (pauvreté et insuffisance alimentaire du pays). Mais malgré ces bons résultats la réforme ne fut jamais mise en œuvre par les gouvernements, et la situation de l'organisation agricole redevint la même qu'au début du siècle.
En 1994, lassés de leur situation misérable, provoqué par la signature du traité de libre échange avec les USA, les paysans du Chiapas s'organise sous l'égide de l'EZLN pour revendiquer son existence et son droit à vivre dignement. Cette lutte sera bien vite réprimé par le gouvernement : répression militaire qui pousse des communauté à se réfugier dans les montagnes. Après l'arrêt des massacres sous les pressions internationales, les quelques négociations avec le gouvernement mexicain donnèrent des accords qui n'ont jamais rien donné dans la réalité (comme la réforme agraire). Chaque négociation est maintenant considérée comme inutiles du fait que les paroles ne sont jamais suivies d'application.
• Leurs revendications :
Leurs revendications sont multiples, mais liés à deux thèmes : volonté de vivre dans des conditions de vie meilleures et préserver sa culture.
Les premières revendications sont une amélioration des conditions de vie. En effet, la malnutrition est encore présente dans cette partie du Mexique. Les peuples déplacés dans les montagnes vivent généralement dans des milieux très inhospitaliers. Pour éviter ces condition de vie dantesque les zapatistes demandent seulement de pouvoir travailler la terre et donc d'avoir un lopin de terre suffisant pour nourrir leur famille. Aujourd'hui au Chipas les meilleurs terres son t utilisées pour l'élevage extensif par quelques gros propriétaires. Ils ne restent aux indigènes que des terres très ingrates qui demandent beaucoup de travail pour une bien maigre récolte. L'obtention de terres fertile dans les vallées permettrait : d'une part, une
production suffisante aux communauté indigène qui pourraient alors vendre le surplus et d'autre part, éviter de nouvelle colonisation de terre et donc de dégradation du milieu.
Les autres revendications sont liées à la culture des indigènes. Ces peuples indigènes comme les tzotils ou les tzetals sont les descendant des grandes civilisations pré-colombiennes. Bien que cette culture ait perdu beaucoup d'élément pendant les siècles précédents, il subsiste encore des traits de cette culture. Ce sont, par exemple, des manières de travailler la terre, d'utiliser les caractéristiques de la nature tout en la respectant car c'est la « terre mère ».
Les indigènes veulent également garder leur façon de s'organiser : leur système politique où le pouvoir n'est pas désirer ; en effet, le responsable de la communauté va être désigné par l'ensemble de la population (homme et femme). Tous les postes de l'organisation sont investis de la même manière. Le pouvoir n'est plus un désir mais une charge que l'ont doit réaliser pour l'intérêt collectif et le bon fonctionnement de la communauté. Les indiens parlent souvent de « commander en obéissant », cela montre que le pouvoir n'est surtout pas une relation de pouvoir ; c'est simplement une personne qui va être déléguée pour défendre les intérêts de la communauté.
• La situation actuelle :
Une contre-société s'est établie dans la jungle du Chiapas en attendant que le pouvoir central réponde positivement à leurs demandes, de la même façon que Zapata et les paysans du Morelos réorganisèrent leur région. Ainsi, depuis 2003, les territoires sous influence de l'EZLN sont divisés en caracoles. Le nom de ce type de structure signifie escargot, mais aussi spirale. Un double symbole qui indique la volonté de prendre son temps pour que la société civile s'organise sans centre ni périphérie. Comme du temps de Zapata également, les forces armées révolutionnaires restent à leur place en ce qui concerne les affaires intérieures et les relations extérieures
Vicente Fox Quesada, candidat du Parti d'action nationale, met fin à 71 ans de règne du PRI en étant élu président du Mexique en 2000. Lors de sa campagne, il a promis de régler le problème du Chiapas en un quart d'heure. L'EZLN le prend au mot : s'il ratifie les accords de San Andrés, s'il libère les prisonniers et que l'armée se retire, Marcos et les siens déposeront les armes et s'intégreront à la vie politique nationale. Pour appuyer leurs propos, ils annoncent qu'ils se rendront pacifiquement à Mexico.
Une incroyable marche se met en route au début de l'année 2001. Partie du Chiapas, elle remonte vers la capitale en en faisant le tour et en inscrivant Cuernavaca comme avant-dernière étape. Le 11 mars, les marcheurs zapatistes sont accueillis par 200 000 personnes sur le Zócalo. La cote de notoriété de Marcos est immense dans l'opinion publique. Fox n'a d'autre choix que de proposer une loi pro-indienne. Pour la soutenir, les guérilleros sont invités à venir s'exprimer devant le Parlement. Avec leurs passe-montagnes ! C'est le commandant Esther qui prend la parole au nom du mouvement. Marcos lui, s'adresse à la foule, à l'extérieur. Vingt jours après son arrivée, la délégation repart vers le Chiapas. La marche a été une réussite, mais il n'est pas sûr que les actions suivent les discours et que les textes de loi soient concrétisés. Cependant, des prisonniers ont été libérés. Un délégué zapatiste reste en ville pour représenter officiellement l'EZLN lors des négociations qui doivent aboutir à la « loi sur les droits des indigènes ». Mais comme cette dernière est vidée de tout ce pour quoi se battent les zapatistes, ceux-ci la dénoncent dès son adoption au mois d'avril.
Aujourd'hui le conflit est beaucoup moins médiatique, mais ce n'est pas pour ça que le conflit est terminé. Les revendications des indigènes ont été écoutées mais jamais les gouvernement n'ont pris de mesure pour les appliquées. Les paramilitaires sont encore présents dans la région alors que le gouvernement de Fox avait promis la démilitarisation de la zone. La répression n'est donc malheureusement pas fini, les populations ont toujours peur d'être attaquées et chassées encore plus loin dans la montagne. Les paysans assassinés sont légions. Du fait de la manipulation des médias par le gouvernement, l'opinion publique mexicaine n'est pas informée de ces exactions courantes qui se passent dans le sud du pays. Les médias vont même jusqu'à diriger l'opinion publique contre cette noble cause, mais heureusement tous les mexicains ne sont pas dupes.
• Le rôle des internationaux :
Il est possible de voir la-bas des personnes venant des quatre coins du monde pour apporter leur soutien (José Bové a rencontré Marcos et a échangé sa pipe avec lui par exemple). Le rôle de ces personnes est primordial car il permet la protection de village par la simple présence d'un ressortissant européen (imaginez bien que si un européen était assassiné par l'armée mexicaine, dans quelle crise diplomatique nous entrerions). Ce rôle d'observateur de la paix n'est pas unique, il a le devoir de diffuser la réalité qu'il a pu voir. Les informations officielles sont généralement très subjectives. Il est donc important de faire se relais nécessaire pour que la vérité soit connue de tous.
Pour résumer cette lutte, nous mettrons : « La lutte est comme un cercle, elle commence à n'importe quels points mais ne se finie jamais ». (Sous-commandant Marcos)
